Politique Jeunesse
SARKOZY a annoncé qu’il se saisissait de la question des jeunes et que Martin HIRSCH dirigera un Haut commissariat à la jeunesse.Longtemps la jeunesse a été associée dans un secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports. Une délégation interministérielle à l’insertion des jeunes a été créée en 1982, avec Bertrand Schwartz, et supprimée en 2002. Elle a été associée au ministère de l’Education entre 2002 et 2005. Si les jeunes 16-25 ans étaient une priorité bien identifiée dans les politiques publiques dans les années 80, ce n’est plus le cas depuis longtemps. Mais l’annonce de SARKOZY permet de penser qu’enfin, le gouvernement va s’intéresser aux problèmes des jeunes, lui qui ne les voyait jusqu'à présent qu’à travers la lutte contre la délinquance.
J’ai eu l’occasion fin juin 2008 d’accueillir Martin HIRSCH à la Mission Locale à Maubeuge à propos d’une action menée avec une grande entreprise locale et de l’utilisation du contrat de professionnalisation pour le recrutement de jeunes. Martin HIRSCH connait la question des moins de 25 ans car elle a été posée dans le cadre du Grenelle de l’insertion et de la préparation du RSA. Il peut être pour la jeunesse une nouvelle étape intéressante s’il prend en comte plusieurs points incontournables.
D’abord, la jeunesse est plurielle. Martin HIRSCH doit tenir compte qu’il existe des jeunesses : des jeunes ruraux comme des jeunes des quartiers, des apprentis comme des étudiants, des jeunes diplômés et des sans diplôme, des jeunes chômeurs et des jeunes qui travaillent, que beaucoup d’entre eux sont de milieu populaire, qu’ils ont besoin d’expériences concrètes sociales et de travail, que l’entrée dans la vie active en entreprise se fait par la précarité... Auprès du Premier ministre il doit mobiliser l’Education, l’Emploi, la Santé, le Logement, la Culture, il doit s’intéresser à la mobilité, à la discrimination... C’est donc une politique globale de la jeunesse qu’il doit impulser.
Puis, il devra apporter une réponse à la question de l’autonomie financière des jeunes. 21% des 16-25 ans sont en dessous du seuil de pauvreté, ils sont deux fois plus nombreux que leurs ainés à être sans emploi et la loi sur le RSA les exclus. Il est indispensable de donner aux jeunes engagés dans une démarche d’insertion les moyens de leur autonomie financière.
Mais aussi, rien ne pourra se faire sans les jeunes eux-mêmes. Il est indispensable de les associer, de nouer des liens solides et pérennes avec eux. Dans un contexte de montée en charge des collectivités territoriales et des communautés de coopération intercommunale, elles seront également incontournables. Les Régions prennent déjà des initiatives, comme la Région Nord Pas de Calais qui a engagé « les rencontres régionales de la jeunesse ».
Enfin, Martin HIRSCH devra s’appuyer sur les Missions Locales qui accueillent, écoutent, orientent et accompagnent, dans une démarche globale, énormément de jeunes qui ont besoin d’une information et d’un appui dans leur démarche vers l’autonomie, plutôt que de réinventer d’autres structures pour mettre en œuvre de nouveaux dispositifs comme l’a fait Fadéla AMARA avec les contrats d’autonomie. Les Missions locales seront indispensables, aussi parce qu’elles connaissent les problèmes de la jeunesse, parce qu’elles travaillent avec tous les acteurs locaux concernés et les élus, et parce qu’elles ont démontré depuis longtemps leurs capacités à proposer et mettre en œuvre des solutions adaptées à leurs territoires et donc à innover.
Les professionnels militants de l’insertion des jeunes, avec les acteurs locaux ainsi que les élus des collectivités locales seront un appui efficace et donc le formidable levier pour permettre aux jeunes de prendre leur place dans la société grâce à une politique globale et territoriale de la jeunesse.
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